V PARTIE
LE PROJET ET LA PYRAMIDE
LES TERMES TECHNIQUES DE LA PYRAMIDE
Daprès les sources jusquà ce jour connues, nous déduisons que les mathématiciens égyptiens exprimaient langle en façon différente de la nôtre. Quand nous pensons à langle entre apothème et base dune pyramide, nous représentons tout de suite dans notre esprit lespace entre les deux éléments. Pour les ancien Égyptiens, au contraire, parler dangle signifiait entendre un rapport entre deux grandeurs linéares. Considerons, par ex., les connus problèmes du Papyrus Mathématique Rhind : nous avons come termes connus de la pyramide le côté de base et lhauteur, et comme terme inconnu langle à la base ; ou bien, vice versa, comme termes connus le côté de base et langle, et comme inconnue lhauteur.
Mais avant dentrer dans le vif de cette problématique de géométrie, nous devons arrêter notre attention sur les expressions égyptiennes qui nous traduisons par côté de base et hauteur.
La première est écrite wxA-Tbwt, traduite par le Wb (I-354,8) comme « dénomination du coté de base dune pyramide ». Lexpression égyptienne signifie à la lettre « cherher-la-semelle », Daprès cela on pourrait déduire que la base dune pyramide est conçue comme une semelle dont on cherche un élément, c.-à-d. le côté, ou même la médiane du carré constituant la base. Nous devinons dans cette expression la recherche au cours de lexécution du monument, recherche tendue, peut-être, à unapte aire géologique, à une probable réfèrence astronomique, à un travail soigné de réalisation du périmètre de base. En outre on remarque comme le substantif désignant le côté ( ?) de base dune pyramide soit différent de celui employé pour la base dun triangle qui, comme nous vîmes, (I Partie) est désignée par le terme tp-rA.
La seconde expression est écrite pr-m-ws, traduite par le Wb (I-359,1) comme « dénomination de la notion mathématique de lhauteur (dune pyramide) ». Ce terme, traduit à la lettre, signifierait « (quelque chose)-qui-sort-du-ws ». Il y a le mot wsy (Wb I-359,2) qui signifie « petite fenêtre » et qui, dans le FCD, 68, est traduit par « crack, chink » et est indiqué par ws.
Comme dans les problèmes des pyramides on calcule toujours la moitié de la mesure de base en référence au pr-m-ws, on peut supposer que la mesure de la base soit la médiane du carré de base, c.-à-d. une fente (ws) de laquelle sort lhauteur du solide. Donc pr-m-ws pourrait signifier « celui-qui-sort-de-la-médiane (-de-base) ». Même dans ce cas le mot pour hauteur est différent de celui rélatif au triangle, qui est mryt ou idb.
Nous remarquons, donc, que la terminologie concernant les éléments de la pyramide (solide géométrique) est totalement différente de celle-là employée pour le triangle (figure plane) : dans la première il sagit de idées, dans la seconde de termes. Cela est très important parce que nous fait comprendre, par intuition, deux manières diverses de conçevoir de la part des mathématiciens égyptiens un solide triangulaire et un triangle.
En restant dans le domaine des expressions pour base et hauteur, nous avons des autres dénominations concernant cette fois un pilier, sujet du problème n°60 du PMR. Le sujet en question est le iwn « pilier ; colonne ». Comme dans le problème on demande la recherche du sqd, c.-à-d. la pente des pans du poteau, on propose la traduction « pilier (à pans talutés) ». Or la base du pilier, de laquelle est donné la mesure, est appelée snTt, soit « plan » (Wb IV-179,11), tandis que lhauteur est appelée qAy « hauteur » (Wb V-4). Nous nous trouvons en présence de deux termes particuliers très proches au monde de la technologie architecturale, de structure et de projet.
À la lumière de cette petite enquête on pourrait conclure que les anciens Égyptiens fissent une certaine distinction entre les solides faisant part du mond de la géométrie. La pyramide, au moins à lépoque du PMR, était considerée un élément étroitement lié au monde de la géométrie solide et avec une propre términologie technique. Enfin nous confirmons lidée que la géométrie plane avait un son domaine avec des termes dérivant de la vie agricole.
LANGLE À LA BASE DUNE PYRAMIDE : LE « SQD » ÉGYPTIEN
Venons maintenant au terme sqd. Les problèmes du PMR proposent la recherche du « séqed », étant donné comme termes connus le « chercher-la-semelle » (médiane de base) et « celui-qui-sort-de-la-médiane » (hauteur).
Le terme est traduit par le Wb (IV-309,20) « Böschung » et dans le FCD, 250 « slope », c.-à-d. « inclinaison, pente » du pan dune pyramide. Deux raisons ne persuadent pas sur la qualité de la traduction du terme en question.La première est que le déterminatif de
sqd est un rouleu de papyrus lié et scellé (La seconde raison est fournie par les solutions des mêmes problèmes géométriques égyptiens. Nous pouvons considérer, par ex., le problème n°56 du PMR :
Procédé du calculer une pyramide de 360 dans la (médiane de) base et 250 dans son hauteur. Fais que je puisse connaître son sqd.
Tu feras la moitié de 360 : il se transforme en 180. Tu diviseras 180 par 250 et il se transforme en ½ 1/5 1/50 dune coudée. En étant la coudée de 7 palmes, tu multiplieras par 7.
Son
sqd est de de 5 palmes 1/25. Tout dabord il faut remarquer que les valeurs ne sont pas exprimées en unités de mesure : en théorie, elles pourraient être des coudées, des perches ou des cordes. Cela indique la vague du problème, car le but principal de la question est le procédé pour trouver la solution dune inconnue bien précise. Mais, à part cela, il faut convenir que la solution se réduit à un triangle rectangle dhauteur de 1 coudée (lunité) et de base de 5 palmes ¼ : pratiquement quelque chose comme une notre proportion arithmétique.En calculant le problème par notres notions trigonométriques, nous pourrions exprimer la solution de lexercise par
250 : 180 = 1,3888 , ð tg a = 54°1427 ; ou bien 7 palmes ´ cotg a = 7 ´ a/2:hOr, si 1 coudée = m.0,525, on a que 1 palme = m.0,075. On obtient ainsi de la solution du problème un triangle rectangle de base de m.0,378 et dhauteur de m.0,525, raison pour laquelle le rapport h-½b de cette pyramide est de 25-18.
Cela conduit à une considération très importante. Les problèmes du PMR sur les pyramides nexpriment pas langle entre lapothème et la base de la pyramide : le séqed nest pas lapothème du solide (
ou lhypoténuse de la moitié de sa coupe). Plutôt on pourrait définir le séqed comme le sous-multiple de la moitié du côté de base en rapport à lhauteur de 1 coudée.Dailleurs, si nous considérons les autres deux problèmes sur les pyramides (
n°58 ; n°59) nous remarquons que le second est fondé sur le rapp. h-½b = 4-3 (triangle sacré), tandis que le premier est un exercise mathématique avec lhauteur de la pyramide exprimée en valeurs décimales (93c 1/3).Les exercises sur les pyramides proposent donc comme calculer une éventuelle équerre dhauteur unitaire (
1 coudée) et avec la base proportionnelle à la moitié du côté du bâtiment. Tout cela conduit à la conclusion que le procédé des problèmes du PMR donne la solution de comme construire unéquerre pour mantenir constante la pente des pans de la pyramide, mais pas comme était projeté le rapp. h-½b du bâtiment.LE RAPPORT H-½B ET LA THÉORIE DE PROJET DUNE PYRAMIDE
Daprès mon enquête conduite sur les pyramides de la zone memphite dans la période qui vait de la fin de la III dynastie à la fin de la VI dynastie jai tiré la suivante théorie de projet :
Dans une pyramide de lAncien Empire lhauteur est en rapport à la moitié du côté de base du bâtiment selon une couple de grandeurs numériques qui donnent lhauteur (h), la moitié du côté de base (½b) du monument, son module primaire et celui secondaire de projet.
Une couple de grandeurs numériques, appliées à beaucoup de pyramides, les lie par un rapport dagrandissement ou de réduction selon la subdivision en parties égales de la moitié du côté de base, de lhauteur et de lapothème, exprimées par des nombres qui ont presque toujours étroite relation avec la numérologie magique.
Le rapport h-½b nest pas exprimable sous forme de fraction, car la moitié du côté de base nest pas une partie de lhauteur. Plutôt on peut considérer ce rapport comme une relation entre h et ½b, c.-à-d. h sur ½b : un ancien égyptien, peut-être, laurait exprimé par pr-m-ws tp gs wxA-Tbwt ( ?).
Daprès létude sur les pyramides égyptiennes de lAncien Empire ont apparues les suivantes relations :
h |
2 |
3 |
4 |
5 |
7 |
7 |
7 |
8 |
9 |
11 |
12 | 13 |
14 |
16 |
16 |
17 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
½b |
1 |
2,5 |
3 |
4 |
4 |
5 |
7,5 |
5 |
5 |
7,5 |
12,5 |
10 |
11 |
7,5 |
12,5 |
18 |
Il semble que le choix des membres numériques de ces relations soit en fonction de la largeur de la chambre funéraire, du module de projet et, naturellement, des mesures du monument qui, on fasse attention, sont toujours exprimées en nombre fini de coudées (dailleurs par des raisons plus que pratiques). Il est implicite que la relation h-½b donne liclinaison de lapothème, c.-à-d. son angle à la base.
Sur 33 pyramides (royales, secondaires et rituelles) la relation 5-4 eut le plus grand succès, suivie par la 4-3 et la 8-5. Maintenant nous analyserons un exemple de toutes les possibles phases du raisonnement en considérant, par ex., la relation 5-4.
La première caractéristique est la multiplication de deux membres du rapport par un même nombre, dhabitude égal à une des valeurs base, ou en rapport de grandeur avec eux. Dans notre cas nous avons la multiplication de deux valeurs par 5 :
5 ´ 5 = 25 c (coudées)
4 ´ 5 = 20c
Comme -sil fût nécessaire le souligner- le but est le projet dune pyramide, 25 et 20 sont exprimés en coudées et ils constituent des valeurs fixes relatives à lhauteur et à la demie de base du monument, quon peut les répeter n fois selon la grandeur désirèe du bâtiment.
Examinons la pyramide du roi Mikérynus. On voulut agrandir 3 fois les deux valeurs (25c et 20c) : par coïncidence ( ?) 3 était un nombre magique très important. Nous avons :
h 25c ´ 3 = 75c½b 20c ´ 3 = 60c ´ 2 = 120c (côté de base)
On obtient un solide dont les grandeurs principales son en rapport avec 5 et 4. Or, les valeurs obtenues peuvent être divisées par 5 et 8 (valeur de la base) :
75c : 5 = 15c
120c : 5 = 15c
On obtient, ainsi, le côté dune grille carrée utile à lavant projet du monument. En divisant 15c par 3 (valeur dagrandissement des mesures relatives à 5 et à 4) on a 5c, sous-module de 15c et utile au projet détaillé. Donc la valeur dagrandissement indépendant donne aussi les nombres de parties dans lesquelles il faut partager le module primaire pour obtenir la valeur de celui secondaire. Celui-ci, en général, est employé pour la largeur de la chambre funéraire (quelques fois il est réduit de moitié ou redoublé).
Telle pourrait avoir été la méthode employée par les projeteurs égyptiens, car elle semble reflêchir en bonne partie la minutie et lésprit dapplication de la mathématique de ces temps. Les choix, pour nous apparemment libres et encore inexplicables, sont les relations numériques de départ et la valeur dagrandissement de celles-là : le reste est lié intimement à la nature même des opérations. Cest lidée qui nous pourrions remarquer dans la méthodologie de projet des temples hauts et bas des pyramides , dans lesquels le projet est un mécanisme parfait dont lengrenage est indispensablement lié au contexte de lopération.
Or, à la méthode avant proposée on pourrait aussi suggérer unalternative plus simple, c.-à-d. multiplier directment 5 et 8 (double de 4) par 15 et obtnenir 75c et 120c ; 15c deviendrait puis la valeur modulaire principale qui, divisée par 3, donne 5c . Mais par cette méthode il serait plus que licite se demander : « Pourquoi le choix de 5 fois ? ». On pourrait répondre : « Parce que 5 ´ 3 = 15 ». « Et pourquoi 8 nest pas multiplié par 3 ? ». Cette dernière question est plus que justifiée car les deux valeurs de h et (½)b contribuent au projet de la pyramide. Unautre question pourrait être : « Pourquoi on divise 15 par 3 ? ». Réponse : « Parce que 5 a été multiplié par 3 ».
Nous nous rendons compte, sans crainte de faire le jeu du pourquoi, que les réponses à ces questions donnent pour certain un raisonnement (et un procédé) qui, au contraire, doit être mis bien en clair car épine dorsale de choix bien précises et lisibles encore aujourdhui par chacun de nous. La pyramide est un solide particulier en tant que sa matrice est un triangle rectangle qui, dans le cas de lancienne Égypte, était assujetti à des lois particulières juste parce quil originait un système dont les caractèristiques pouvaient (et devaient ?) satisfaire la religion, la magie, lastronomie, le projet et lexécution.
Naturellement la relation h-½b était exprimable dans le système de la coudée pour les équerres en chantier. À côté de cette relation, pas moins importante était celle h-½d (diagonale de base) qui définait larête du monument et qui devait être contrôlée en phase de réalisation (voir tableau suivant)
LES RAPPORTS H = ½B ET H-½D |
|||||
rapp.h-½b |
angle |
équerre |
rapp.h-½d |
angle |
équerre |
2-1 3-2,5 4-3 5-4 7-4 7-5 7-7,5 8-5 9-5 11-7,5 12-12,5 13-10 14-11 16-7,5 |
63°2632 " 50°1271 " 53°0726 " 51°2026 " 60°1529 " 54°2727 " 43°0225 " 57°5923 " 60°5629 " 55°4327" 43°4925" 52°2626" 51°5434" 64°5330" |
1c-½c 1c 2d-6p 1d 1c-5p 1d 1c 2d-6p 1c-4p 1c-5p 1c-1c 2d 1c 1p-5d 1c 2p-5d 1c 1p 1d-5p 2d½ 1c 4p-1c-2p 2d½ 1c 2p 3d-1c 2d 1c-5p½ 1c 1p-5p 2d½ |
17-12 17-20 9-9,5 8-9 16-13 1-1 2-3 30-26,5 14-11 14-13,5 18-26,5 34-37 9-10 40-26,5 |
54°55 40°18 43°18 41°38 51°03 44°58(45°) 33°25 48°31 51°5034" 46°02 34°10 42°35 41°59 56°27 |
1c 1p½-6p 1c 1p½-1c 3p 1c 2p-1c 2p½ 1c 1p-1c 2p 1c 2p½-1c 2p 1d 1c-1c 1c-1c½ 1c 2d-6p 2d½ 1c-5p½ 1c-6p 3d 1c 1p½-1c 2p 1d 1c 1p½-1c 2p 1d 1c 2p-1c 3p 1c 3p-6p 2d½ |
Les problèmes posés par le projet nétaient pas simples et les architectes égyptiens cherchèrent de fluidifier au dernier degré les solutions, dans la mesure où celui qui ordonnait loeuvre le permettait. Si la théorie modulaire avant suggérée est valable, on peut déduire que le choix de la pente des pans dune pyramide (et donc sa forme) dépendait juste de la subdivision modulaire qui facilitait le projet des fonctions intérieures du monument. La connaissance des figures géometriques utiles au projet était exploitiée au dernier degré pour chercher les solutions meilleures aptes à simplifier léconomie du chantier. Il semble hors de propos parler encore aujourdhui de géométrie ésotérique et relatives implications juste pour les raisons avant indiquées et, du reste, prévisibles spécialement en observant attentivement ces montaignes de pierre.
Dans notre enquête sur les pyramides et, par contre-coup, aussi sur leurs complexes funéraires, on a relevé quelques recherches de la part des projeteurs égyptiens de rapports entre les parties des sépulcres royaux (voir les tableaux comparatifs). Un exemple particulier est la pyramide de Chéops, dans laquelle la chambre funéraire se trouve à une cote qui est en rapport avec lhauteur du monument : ce choix crèe une proportion entre la coupe horizontale à cette cote et la base de la pyramide. La même relation h-½b = 14-11 développe une valeur très proche au p : la discussion sur ces particularités est conduite dans son page. Malheuresement celles-ci et autres réalités proportionnelles ne nous informent pas sur les raisons de tels choix raison pour laquelle nous devons nous borner seulement à les rendre connues, et les accepter pour celles qui sont, jusqu'à ce que quelque ancien témoignage ne nous illuminera le plus sur ces problèmes.
LE PROJET DES FONCTIONS CULTUELLES
Dans un complexe funéraire royal, au-delà de la pyramide -comme nous savons- il y a des autres fonctions très importantes : le temple funéraire et le temple de la vallée.
Le premier, toujours annexe à la pyramide, servait au culte funéraire du souverain. Le second se dressait à plusieurs centaines de mètres de distance du tombeau royal et était relié au temple funéraire par une chaussée couverte. La dénomination de la vallée dérive de lemplacement du bâtiment sur un niveau plus bas que le reste de lensemble. Ce temple avait des fonctions rituelles et il est possible quil ait été la métamorphose en pierre de la tente de purification du cadavre du roi. Dhabitude le temple bas se réfletait dans les eaux dun bassin ou dun canal (
naturel ou artificiel).Dans ces deux fonctions architecturales la méthodologie de projet change énormement par rapport à celle usée dans la pyramide. En effet soit le temple funéraire que celui de la vallée sont des édifices dont la distribution de projet devait répondre à des questions de plus grand répit.
Généralement le temple funéraire est lié au côté de la pyramide dans une proportion qui change selon les exigences de chaque épisode. Cette interdépendance est exprimée beaucoup de fois par la subdivision du côté de la pyramide en n parties, en utilisant quelque-unes par rebattements. Souvent -et spécialement dans la V dynastie- la longueur du temple funéraire dépende de la longueur du côté occidental de la cour périmétrale de la pyramide. Dans lanalyse du projet du temple haut se distingue lemploi raisonné du carré et de ses sous-multiples (
qui engendrent aussi des triangles) et des triangles du type (h-½b) 5-4 ; 4-3 ; 2-1 ; 1-1. Souvent ces figures sont faites couper entre eux, ou bien des parties de leurs éléments sont rebattées de façon à déterminer le choix de la longueur et de la largeur de quelques pièces. Il faut toutefois remarquer que, par contre, quelques valeurs de grandeur deviennent, à partir de la V dynastie, des standards : cest un phénomène quon relève même dans les pyramides et dans quelques leurs choix de projet.Nous pouvons remarquer la même manière de projeter dans le temple de la vallée. Bâtiment plus petit que le temple haut, en général il est lié -comme valeur de départ du projet- à des éléments particuliers du temple funéraire. Par ex., la longueur du côté oriental du temple bas de Sahou-Re
a est la même que la longueur de la cour à colonnes du temple haut. Les fonctions du temple de la vallée sont réduites au minimum, en régard à sa destination, raison pour laquelle le projet, surtout dans la V et VI dynastie, est généralement très simple.Le discours de projet fondé sur les triangles et sur le carré est extensible aussi dans les façades de ces temples. Daprès ces rares exemples dans lequels on a pu reconstituer avec une certaine crédibilité les situations verticales, on remarque lemploi des triangles 5-4 et 4-3; ou bien on a que lhauteur des bâtiments est une partie de la longueur de la façade principale. On peut dire la même chose de lanalyse des espaces intérieurs, où les hauteurs entre les piliers ou les colonnades sont le fruit de triangles 5-4, 4-3 ou bien de parties de entraxes de piliers ou de colonnes, de distances entre leurs lignes extérieures et les entraxes opportunément multipliés par n fois.
Un discours très interessant est celui des proportions des colonnes dans les exemples à fût cylindrique, à chapiteau palmiforme et papyriforme. Dans ces poteaux les diverses parties (
fût, chapiteau, abaque) sont proportionnées entre elles et aux diamètres de lescape ou du congé. Naturellement lhauteur totale des poteaux dépend du contexte dans lequel ils se trouvent.En conclusion on peut affirmer que le projet dans le temple funéraire, dans celui de la vallée et dans leurs éléments révèle une méthodologie très simple et transparente, exempte de choix personnels qui auraient influencé la fonction des édifices : celle-ci est une caractéristique très importante. En effet, des choix opérés en base aux lois de la géométrie, inhérente à la Nature, répondent à la mentalité de lancienne Égypte, selon laquelle celui qui nous appelons artiste nétait personne dautre quun simple exécutant, la pluparte des fois formé et instruit, mais pur et simple auteur des oeuvres lui commandées et qui mettait en pratique ses connaissances. Je pense que la même chose valût pou larchitecte au service du souverain : par la manipulation de la géométrie, il donnait à loeuvre immortelle unempreinte qui était en harmonie avec la Nature et en rapport durable avec la personnalité du roi. En outre lemploi de la géométrie facilitait le monde du travail parce que donnait unimpulsion et trouvait expression dans lexécution à pied doeuvre. Ici on entre dans le domaine de la technique des constructions et du chantier, disciplines liées principalement à léconomie et aux temps de travail.
Daprès les quelques traces de méthodologie de chantier trouvées dans les complexes funéraires de lAncien Empire et daprès lanalyse de projet, nous pouvons déduire quil y avait un long travail attentif et en théorie (
dans la mesure où les moyens techniques de lépoque le permettaient). Dans ce lieu, et à conclusion de cette partie, on confirme la convintion de cette manière de procéder. Le projet en théorie offre lavantage (dailleurs de La Palice) davoir un tableau clair de lorganisation de chantier. À ce propos on rappelle les marques existant sur beaucoup de blocs des complexes funéraires, soit des temples des pyramides . Il sagit de marques qui peuvent indiquer les carrières de provenance des matériaux, dates, notations de chantier, etc: elles, quelques fois, se sont révélées utiles pour la recherche de projet. Du reste on remarque les traces de ce procédé même sur des objets dartisanat : dans le naos en bois de Tout-aankh-Amon nous voyons les signes correspondant à lorientation (et à la jonction) des diverses pièces pour les assembler aisement. De même, dans un collier de plaques en faïence du Musée Archéologique de Naples, les diverses pièces présentent sur leurs épaisseurs des signes hiérogliphiques qui aidèrent lartisan à monter les plaques en manière juste.À lépoque de notre enquête les voix principales relatives aux complexes funéraires pouvaient être (
en raison des témoignages subsistés):avant-projet et projet détaillé ;
prévision des cubatures pour les oeuvres en briques crues ;
extration des carrières de pierre ;
transport fluvial et terrestre ;
travail de dimensionnement et de finissage de chaque pièce ;
fabrication doutillage et déquipement de chantier ;
prévision de la quantité des manoeuvreurs et de ses roulements ;
approvisionement du chantier ;
C. Goyon a supposé que pour la construction de la pyramide de Chéops furent nécessaires près de 20.000 hommes, sur la base de calculs raisonnés. Comme est acceptée et attestée léchelle hiérarchique de fonctions et dactivités dans les chantiers égyptiens, il ny a pas besoin de beaucoup dimagination pour deviner quel engrenage économique se mît en mouvement pour un bâtiment comme un complexe funéraire de lAncien Empire.
*Note. Wb = Wörterbuch der ägyptischen Spräche, Leipzig 1926-31
FCD = R.O.FAULKNER, A Concise Dictionary of Middle Egyptian, Oxford 1962