II PARTIE
PROJET, ARCHITECTES ET GRAPHIQUE
« PROJETER » ET « PROJET ».
Celui qui a eu loccasion de séjourner en Égypte, pour voyage ou pour travail, aura visité les lieux archéologiques de ce pays à la nature trivalente : eau, vert et désert.
Presque tous les sites archéologiques, pleins dun passé grandiose, pourtant humain, présentent des ruines architectoniques. Habitations, palais, temples, tombeaux : architectures realisées pour un cours de vie ou pour défier et soumettre léternité. Les Égyptiens, donc, faisaient de larchitecture : ils ont laissé des bâtiments qui se sont moqués du temps et, si entre eux neût pas circulé trop souvent lhomme, aujourdhui ils seraient en conditions de loin meilleurs.
Légyptologie a étudié les monuments, les a relevés, ravalés et actuallement nous pouvons avoir un tableau assez complet de lhistoire de larchitecture égyptienne, même si la terre dÉgypte garde encore des autre témoignages. Mais les fouilles continuent et linformatisation aide a completer ce tableau. Larchitecture égyptienne a été regardée sous divers points de vue entre lesquels même celui de lestétique et, sous cette face, quelques spécialistes ont tenté de la motiver par des recherches dans le domaine de larmonie, soit elle ésoterique, géométrique ou spéculative.
Nous essayerons maintenant de mettre de lordre dans ce domaine, en tentant de focaliser un problème très important, soit celui du projet architectonique dans lancienne Égipte
Souvent je me suis demandé quelles notions pût avoir un architecte égyptien, quels fussent ses rapports avec le commissionaire et comme il se mît en face à la technique des constructions. Cette suite de doutes passe en second ordre par rapport à une question bien plus fondamentale : pourquoi larchitecture ègyptienne a été réalisée dans la façon qui nous disons de (croire de) connaître ? Quels systèmes usaient les techniciens égyptiens pour projeter ?
Analysons tout dabord le terme projeter. Pour projeter on peut entendre unoperation de création et détude dun système de fonctions utiles ou inutiles. On peut projeter pour nous-mêmes dans un stérile procédé de narcissisme et on peut projeter pour un commettant, ce qui met en mouvement tout un monde de rapports fondés sur les éxchanges de socIété, de coutumes, déconomie et de commerce.
À lépoque des anciens Égyptiens celui qui avait des biens pouvait être un commettant pour une belle maison, une belle tombe, des stèles et pour une suite dameublement plus ou moins utile. Mais le commettant par excellence, les plus important, était le roi : il pouvat ordonner de bâtir un palais royal, un temple pour soi ou pour les dieux, un tombeau, un édifice cultuel, une ville. Sa décision de réaliser un monument, dhabitude, est présentée par les textes arrivés jusquà nous presque comme uninspiration divine qui devenait ainsi unémanation du dieu. Unidée de ce genre était tellement éclatante et importante pour lappareil social égyptien quelle méritait dêtre immortalisée sur un illustré en pierre, c.-à-d. une belle stèle commémorative (par example celle du roi Ahmosis - XVIII dynastie)
Pour le verbe projeter nous avons en ègyptien :
wAwA sxr / zH « examiner attentivement des projets »; « former le projet », mais aussi avec allusion à lidée de « mediter, réfléchir, se consulter »; snTi « créer, projeter, inventer » avec le sens principal de « fonder »;Pour le terme projet nous trouvons :
zH « projet, plan » avec la valeur principale de « conseil »; sxr « projet, plan » avec le sens premier de « conseil, décision, affaire, nature, façon », même sil y a unallusion à « représentation, figuration (dune divinité) »;kAt « idée, plan, projet, pensée, opinion »;
Nous nous rendons compte que ne pouvons pas identifier dans ces substanctifs ce qui voulions trouver, mais nous pouvons les accepter dans l'ensemblen pour le sens de projeter, projet car l'opération de projeter prévoit même la fase de meditation, de la consultation avec des autres experts, de l'idéer, de la décision sur des determinés choix. Quelques exemples éclairont mieux tout ce qu'a été dit.
Sur la statue-cube de Senenmout représentant ce dignitaire avec la princesse Neférou-Rea, près de la tête de ladolescente il y a deux représentations hybrides et le Directeur de tous les travaux du roi affirme quelles sont « images que (j)ai réalisé par le projet (kAt) de ma pensée (ib), comme celui qui agit dans un champ cultivé et qui ne se trouvent pas (les images) dans les écrits des ancêtres
». Cela veut dire que Senenmout navait pas copié sur des idées des prédécesseurs, mais avait pensé et projeté lui-même ces représentations composites et pleines de sens magique.Les architectes égyptiens, entre un projet et lautre, meditaient aussi comme inventer un nouveu produit. Cest le cas de Inéni qui déclare, dans sa stèle autobiographiique :« Je fus attentif à mediter vivement comme on pouvait réaliser quelque chose dutile : je fis produire un enduit de boue pour orner leurs tombeaux dans la Nécropole. Cest un travail qui ne fut jamais fait par le prédécesseurs et ce qui jétablis de y faire, se produit grandement Jai pensé à quelque chose dutile pour la postérité : c'est un travail (= activité) qui fut de ma même pensée (ib), mon action de connaissance ». La dernière phrase est très significative : pensée, meditation, raisonnement, poussée naturelle (ib), connaissance des matériaux et de la technologie.
LA FIGURE DE LARCHITECTE DANS LA SOCIÉTÉ DE L'ÉPOQUE
Le technicien qui interprétait les volontés du souverain était une personne qui nous pouvons comparer à larchitecte daujoudhui. Dans lécriture ègyptienne nexiste pas un terme pareil, mais nous sont parvenus des titres qui peuvent être traduits, dans le sens plus large du mot, par architecte. Dans lAncien Empire nous avons :
mDH pr-nsw « Charpentier de la Maison Royale »
mDH qd nsw « Charpentier et Constructeur du Roi »
mDH qd nsw m pr-wy « Charpentier et Constructeur du Roi dans les Due Maisons »
Dans lAncien Empire se présente le titre imy-rA kAt « Directeur des travaux » avec des autres nuances de la fonction comme. par ex., « Directeur des (de tous les) Travaux du Roi » Cette charge devrait exprimer une fonction plus bureaucratique (direction ?) que daction.
Dans le Nouvel Empire cette fonction remplace le vieux titre mDH (nsw) et devient imy-rA kAt (nbt nt nsw) qui revêt un sens plus complet et qui comprend le projet et la direction des travaux. Larchitecte Inéni, par ex., était xrp kAt m xrt nt nsw et même imy-rA kAt m xrt nsw, c.-à-d. « Coordonnateur » et « Directeur de tous les Travaux dans la Tombe Rupestre du Roi »
Maintenant nous chercherons de connaître, autant que possible, de plus de près quelques architectes égyptiens. Il faut toutefois remarquer que les sources autobiographiques de lAncien Empire ne parlent pas de lactivité des architectes, se limitant seulement à enumérer les titres et les tâches des personnages.
IMHOTEP (ii-m-Htp)
Larchitecte égyptien plus ancien que nous connaisons, le grand ancêtre pourrions dire, est Imhotep vécu dans la III dynastie. La légendaire figure de ce génie est liée au roi Djéser et a acquéri un certain caractère concret. Au cours des fouilles dans la zone de la pyramide a degrés de Saqqâra, son nom fut trouvé sur le soubassement dune statue de lHorus nTry-Xt, c.-à-d. Djéser. Daprès cette inscription nous apprenons que Imhotep était Chancellier du Roi de lHaute et de la Basse Égypte, Serviteur du Roi de lHaute Égypte, Responsable du Palais, noble, wr-mAw, Charpentier et Sculpteur. Donc cet homme, en ce qui nous concerne, était un artiste et, en outre, occupait une charge importante dans la clergé de Héliopolis. Le nom de cet architecte est lié particulièrement au projet et à la réalistion du merveilleux complexe funéraire de Saqqâra dans lequel se dresse la pyramide à degrés où fut enseveli le roi Djéser. La figure de Imhotep devint puis légendaire dans le temps jusquà lépoque gréco-romaine.
INÉNI (inni)
Inéni vécut sous Aménophis I, Thouthmosis I, Thouthmosis II, Hatscepsout et probablement mourut quand Thouthmosis III avait presque dix ans, chargé dhonneurs et de faveurs. Il fut Directeur de chaque travail en Karnak et même Directeur des travaux dans la tombe rupestre du roi (
Thoutmosis I)Daprès sa stèle autobiographique nous apprenons quil projeta et dirigea toutes les activités artistiques sous Aménophis I. Sous Thouthmosis I il suivit les travaux qui ce roi lui commanda dans le temple de Karnak: una salle hypostile, son grand pylône en beau calcare de Toura pourvu de superbes mâts de sapin libanais avec les embouts délectrum. Dans le pylône fut réalisée la porte dont le nom était « Amon-est-puissant-de-force » avec le vantail recouvert de cuivre asiatique sur lequel il y avait limage divine de Min modelée en or. Devant la montaigne de pierre furent aussi dressés deux grands obélisques en granit,en occasion du jubilé du roi, pourvus de pyramidions délectrum. Chacun de ces monolithes était haut de m.19,60 (
plus que 37 coudées) et pesait 130 tonnes. Pour leur transport fut construit un énorm chaland long de 120 coudées (m.63,00) et large de 40c (m.21,00) qui embarqua les obélisques à Assouan et les transporta à Thèbes.La dernière charge, délicate et personelle, donnée à Inéni fut celle de projeter ( ?) et diriger les travaux dans la tombe de Sa Majesté Thouthmosis I dans la Vallée des Rois et le technicien sacquitta de sa tâche dans la solitude, pas vu ni entendu.Cest dans cette occasion que larchitecte inventa un nouveau type denduit auquel nous fîmes allusion. Inéni fut enseveli dans la zone du Chêkh aAbd el-Gourna dans la nécropole à lOuest de Thèbes (tombe n°81)
.SENENMOUT (sA ?-n-mwt)
Senenemout vécut sous la reine Hatchepsout et le roi Thouthmosis III et sa figure est liée à celle de la reine car il fut son fonctionnaire favori. Habile diplomate et brillant administrateur, ce technicien a rendu fameux son nom par le projet du temple funéraire de la reine à Dêr el-Bahâri. Il était Directeur de chaque projet du roi.
Sur une statue de Senenmout en quartzite du Gébel el-Ahmar trouvée dans le temple de Mout à Karnak nous avons la mention, même si plutôt vague, de la charge donnée à larchitecte de plusieurs ouvres :
« On ordonna au Grand Intendent des Bien, Senenemout, de diriger chaque travail du roi à Karnak, en Hermonthis, dans le temple
Imn-Dsr-Dsrw, dans la Maison de Mout, Dame du Ichérou dans le temple de Amon de Louxor »Le grand Senenmout eut aussi la charge daller à Assouân pour des inspections périodiques au travail dextration des obélisques de la reine Hatchepsout dans cette localité. Nous avons notice de linauguration ( ?) des travaux dans un graffiti de lîle de Séhel . Senenmout se fit construire deux tombes dans la nécropole thébaine.
MIN-MOSE (mnw-ms)Il vécut à lépoque de Thouthmosis III et de Aménophis II et il était Directeur dans les travaux des temples des dieux de lHaute et de la Basse Égypte. Sa Majesté Thouthmosis III fit en manière que Min-mose dirigeât les travaux dans toutes le temples et précisement :
de Montou, Seigneur de Thèbes, le-toreau-qui-est-au-centre-de-Médâmoud ;
de Oupouaout, Seigneur de Lycopolis ;
de Hathor, Dame de Aphroditopolis ;
de Bastet, Dame de
anx-tAwy (Memphis) ;de Soped, Seigneur de
iAty-spdw ;de Horus, seigneur de Létopolis ;
de Khnoum, Premier de
wA.f ;de Sékhmet, Première de Sakhâ ;
de Horus-Rea, Seigneur de sXbw ;de Hathor, Dame de Kôm el-Hisn ;
de Wadjet, Dame de Pé et de Dép ;
de Osiris, Seigneur de Bousiris ;
de Horus-khénty-khéty, Toreau en Athribis ;
de Bastet, Dame de [ ] ;
de Amon- Rea, Seigneur de Les-trônes-des-Deux-Terres-dans-lÎle-de-Amon ;de Hathor, Dame de Byblos ;
de Amon [ ]
Daprès la liste de ces localités citées sur la statue de larchitecte trouvée à Medâmoud, nous pouvons compter 19 toponymes (
quatre se sont perdus) desquels le premier est juste Medâmoud, tandis que apparaît Byblos à létranger. « Or, quant à ce que jai déclaré nous dit Min-mose- je tendis la corde (pour la fondation) en eux et je dirigeai les grands monuments par un travail excellent pour léternité »Sur unautre statue puis on parle de Min-mose comme de celui qui construit tant de suite, en réalisant excellement ses (
du roi) monuments pour léternité. Le Directeur des Travaux de ce temple (de Karnak), le Scribe Royal Min-mose, juste de voix.À Toura uninscription de lannée 4 du regne du roi Aménophis II nous informe de lactivité de larchitecte en occasion de louverture dune carrière de calcaire :« Sa Majesté ordonna douvrir de nouveau les carrières pour extraire le bon calcaire de Toura pour rebâtir ses temples funéraires, alors que Sa Majesté avait trouvé que tous les temples étaient en train de tomber a terre du temps qui était existé précédemment, de la partie de Sa Majesté, pour quil soit gratifié de vie, stabilité et maîtrise comme Rea, eternellement. Exécuté sous la direction du Noble, le Fiduciaire du Roi dans le réaliser excellement ses monuments, celui qui fixa l(es) stèles dans le pays de Nahrin et de Karoy, le Directeur des Travaux dans le temples de lHaute et de la Basse Égypte, le Scribe Royal, Min-mose
».Cet architecte participa à lVIII campagne militaire asiatique de Thouthmosis III en guidant une fois larmée vaillante du souverain, et alla en Nubie. La tombe de Min-mose est inconnue.
Daprès ce que nous avons sommairement examiné on peut déduire que larchitecte égyptien était un homme compétent dans beaucoup de domaines de la technique : artisanat en pierre, bois ou métal ; génie des mines ; géologie ; restauration ; architecture et quelque fois peut-être il savait aussi tirer quelque coup dépée. Souvent, puis, les architectes avaient des charges sacerdotales plus ou moins importantes. Cela veut dire que ces fonctions mettaient larchitecte égyptien en rapport constant avec les exigences cultuelles et avec le clergé, mais elles nen faisaient pas pour cette raison un prête. Le prête ègyptien, au contraire dautres lieux et cultures, nétait pas charismatique, mais plutôt un délégué du roi (prête unique) avec une spécifique préparation, compétence, apanage. Il pouvait être destitué, remplacé ou promu de rang comme nimporte quel fonctionnaire laïque (dailleurs le ècoles étaient les mêmes), tout en étant obligé à ne pas divulguer son savoir à incompétents et non autorisés. Probablement la charge sacérdotale dun architecte, quand ne se limitait pas au simple titre, pouvait mettre celui-ci en condition de connaître (ou en contact avec) idées et culture du monde sacérdotal à plein temps. En outre beaucoup darchitectes revêtaient des fonctions civiles qui les mantenaient en contact permanent avec les probèmes sociales et politiques du pays.
Daprès cela on peut conclure que larchitecte égyptien était un personnage ouvert (sil le voulait) à toutes les probématiques qui lui entraina sa charge. Il était, donc, un représentant des temps dans lesquels il vivait, c.-à-d. lacteur dune vie apparemment statique mais très vive, dynamique et inquiète comme celle de lancien Égypte. Cette thèse est (et sera) démontrée juste par la diversité de larchitecture égyptienne qui, si dun côté se sert de quelques éléments fixes -et qui constituent son ossature principale- de lautre offre un domaine très vaste de solutions distributives et visuelles dictées vraisemblement par la vie culturelle et par les connaissances des architectes égyptiens.
LE CONNAISSANCES DES TECHNICIENS
Les scribes et les techniciens égyptiens étaient des personnes instruites et, daprès les sources indigènes, nous pouvons déduire que ceux-ci avaient une telle formation professionelle scolastique et déxperience quils arrivaient à résoudre des problématiques extrêmement complexes, en régard aux moyens résolutoires de lépoque. Nous examinerons biévement les documentations les plus significatives dans le but de prouver, comme il a été fait jusquà maintenant, notre déductions.
Un document nous illustre la connaissance des techniciens égyptiens sur la nature des minéraux et des pierres dures ou semi-precieuses. Il sagit dune stèle decouverte dans le Sinaï faite graver par un tel Hr-wr-ra, vécu dans la XII dinastie. Lisons cette chronique dune expédition minière :
Le Serviteur de ce dieu, le Porteur de Sceau du Dieu, le Camérier, le Controleur des Troupes, Hr-wr-ra, fut envoyé à cette mine et arriva à cette terre le III mois de lhiver. Or cette-ci nétait pas la saison pour venir à cette mine !
Le Porteur du Sceau du Dieu dit aux officiers qui viendront à cette mine dans cette saison : « Ne vous découragez pas pour cela ! Voyez, Hathor fait cela pour celui qui explore. Jai vu, quant à moi ! Moi même lai prouvé ! »
Jétais venu de lÉgypte et jétais découragé. Il était impossible pour mon visage trouver sa peau. La région est brûlante en été, les montaignes sont marquées à feu et les peaux (font) des vessies.
Au lever du jour [ ?] je tins un discours aux artisans au sujet de cela et les expertes qui étaient dans cette mine dirent : « Il y a de la turquoise dans la montaigne pour léternité, (mais) cest sa peau qui vait cherchée dans cette saison. Nous avons entendu (dire toujours) la même chose : les minéraux viennent dans cette saison, (mais) cest le naître de la peau qui est limitée dans cette mauvaise saison de lété ».
Je me dirigeai vers cette mine dans mon coeur étant la puissance du roi. Alors jarrivai à ce terrain et je commençai le travail avec succès. Mes soldats vinrent au complet sans que se produisât absolutement aucune perte. Je ne me décourageai pas devant le travail, je parvins à mantenir ferme le succès et je men allais le I mois de lété.
Jai amené cette splendide pierre dure. Jai rendu plus que quiconque (autre) était venu et que chaque valeur quon desirait. La peau (de la pierre) était bonne et les yeux étaient en fête. Elle était plus belle quune (pierre de la ) saison indiquée.
Faites offrande, faites offrande, satisfaites-vous en Hathor ! Faites cela : il sera utile pour vous et rendrez plus que cela ! Le prospérer soit en vous !
Unautre source nous illustre lampleur des connaissances, cette fois, dun personnage qui nous définirions artiste mais qui, en réalité, était même un technique. Il sagit de la fameuse stèle C 14 du Louvre dun tel irty-sn vécu dans lXI dynastie. Le document est plutôt unique dans son genre parce que le personnage en question parle avec compréhensible enphase (en raison même du contexte humain) de ses qualités et de celles du fils dans la connaissance des secrets des techniques graphiques et artisanales. Lisons ce petit aveau auto-laudatif :
« Je connais les secrets des mots-du-dieu et les conditions de la récurrence de la fête. Chaque magie, jen étais pourvu et il ny avait aucune que méchappât, ni aucune chose était cachée en elle pour moi.
Jétais un artisan excellent dans son art, un qui se distingue à cause de ce quil connaît. Je connassais les formules des pâtes, ce qui est pesé par juste calcul, comme extraire ou faire entrer selon ce qui sort ou qui entre, de façon quun membre vienne à sa place. Je connais le mouvement dune figure, la démarche dune femme, la position dun harpon ( ?), lallure dun prisonnier, comme un oeil regarde son second, comme représenter le terreur du visage des ennemies prisonniers, le lever dun bras qui harponne lhippopotame, la démarche de celui qui court.
Je connais le réalisation d(e la technique d)incrustation de produits qui nen descendent pas sans faire en sorte quils brûlent au feu ni quils sévacuent par leau.
Il ny a personne qui se distingue en dehors de moi-même et de mon fils charnel ainé. Quand le dieu (= le roi) a ordonné, il a exécuté et sest toujours distingué. Jai vu les produits de ses mains, puis quil est Surintendent des Travaux, en toute pierres dures et splendides, en partant de largent avec lor jusquà livoire et à lébène ».
Comme écrit au sujet de la figure et la personnalité de larchitecte égyptien, aussi pour le graphique ou le scribe nous devons admettre quils connaissaient le monde productif relatif à leurs domaines de travail. Donc des figures dont les horizons étaient assez vastes, par conséquent dynamiques et en mesure de produire intelligemment et au pas avec les temps.
LA GÉOMÉTRIE DESCRIPTIVE, TERMINOLOGIE TECHNIQUE ET « ÉCHELLES MÉTRIQUES ».
La nature des pièces archéologiques relatives aux articles de bureau nous a fourni des indications assez exastuives sur leur réalité. Lencre (ryt) était de deux coleurs : noir et rouge et se présentait en forme de petits pains solides semblables à notres couleurs à acquarelle en couvettes. Les pains étaient composés de mélanges de charbon (pour le noir) et de minium (pour le rouge), gomme et dessicatif et ils étaient usés à la même façon des nos acquerelles, en tremprant le pinceau dans leau et en le frottant sur le matériel solide. Leau était contenue dans un petit vase appelé iab .
Linstrument pour tracer lignes de différente épaisseur était
le calame (ar )constitué dun roseau de Juncus
maritimus, une particulière espèce de jonc qui pousse encore aujourdhui dans
les marais saumâtres dÉgypte. Unextrémité du roseau venait coupée à
pointe de ciseau, et on pouvait obtenir des lignes épaisses en lusant de plat et
des lignes subtiles en lusant de chant. Naturellement étaient employés des joncs
de differente section jusquà un minimum de mm.1,5. Les lignes, ou la même
écriture, étaient effacées par la salive ou par un chiffon humide, mais étaient usées
aussi des baguettes de grès bien polies. ![]()
Avec des plumes très subtiles, le seul support approprié au dessin était le papier de papyrus, appelé par les Égyptiens Sw ou Sfdw. Il est superflu de décrire dans ce moment la fabrication de ce matériel qui tout le monde connaît bien dès écoles primaires. Il est important, plutot, de rappeler que le papier de papyrus est documenté dès premières dynasties.
Les instruments de dessin devaient être constitués par des règles et réglettes semblables aux coudées. Les équerres étaient sûrement en usage, sinon ne sexpliqueraient pas des chefs-doeuvre de subtiles et serrés parallélismes de lignes dans les représentations architecturales, et non, sur beaucoup de papyrus. En outre il y a une vaste documentation déquerres en bois de charpente. Par cet appareillage et beaucoup de pacience, les Égyptiens dessinaient géométriquement, en produisant des tracés de reseaux à maille carrée et, donc, des veritables projets.
À ce point on doit dire un mot sur les connaissances de la géométrie descriptive chez les anciens Égyptiens. Ils connaissaient la méthode de représentation aujourdhui connue par le nom de projections orthogonales. Comme nous, le technicien égyptien se rapportait aux trois plans principaux de référence et de projection (horizontal, vertical, latéral) et appliquait même la règle du rebattement des plans. Daprès lenquête sur larchitecture funéraire royale de lAncien Empire, souvent se met en évidence la réalité de lemploi des projections orthogonales. Ce système, comme tous savons, lon trouve appliqué dans les arts figuratives de lancien Égypte et dans la figure humaine on a trouvé que le canon proportionnel est rapporté au système de la coudée.
Pour lidentité même du message représentatif les Égyptiens ne représentaient pas en scènes verticales la profondeur de champ due au phenomène de la perspective, et cette caractéristique de déployer les divers éléments dune composition la retrouvons même dans le dessin architectural. Mais il est indéniable que pour réaliser des exemples structurals et urbanistiques à large répit comme la ville de Akhet-Aton (el-aamarna) ou quelques épisodes de temples, les techniciens égyptiens doivent avoir eu conscience de la perspective comme un moyen pour obtenir détérminés résultats combinés aussi avec les méthodes de projet fondées sur lemploi des figures géométriques très simples, telles que divers types de triangles et le carré.
Aujourdhui nous possedons une terminologie technique et appropriée pour les répresentations géométriques en architecture ; plan, façade et coupe. Dans lancienne Égypte nous trouvons des termes qui pouvons tranquillemnt traduire par notre terminologie: plan; façade antérieure, postérieure et latérale; coupe.
Pour les diverses parties du bâtiment les Égyptiens avaient un lexique plutôt simple, mais exhaustif même si nombreux termes concernant lameublement architectural et nautique nous sont inconnus.
Reste un peu nébuleuse la question si les Égyptiens eussent inventé un système de reduction en échelle. Il semble que les plans des tombes de Ramses IV et de Ramsès IX aient été dessinées la première en éch. 1 :28 et la seconde en éch. 1 :270, ou 1/8 de doigt par coudée. Le projet dun débarcadère pourrait avoir être exécuté en éch. 1 :262. Soit quil en soit, il semblerait logique que les architectes égyptiens connaissent un système de reduction de coudée peut-être pas comme lentendons nous, mais quelque chose de pareil, si on considère même le fait quà lépoque nétaient pas connues les proportions : il suffit de considérer les problèmes sur les pyramides du PMR, comme verrons ensuite. Du rest sont plus que connus des fragments de maquettes réalisées en pierre, même démontables, représentant (parties antérieures de) temples, (coins de) salles à piliers, ce qui nous fait supposer un avancé degré dorganisation visive des techniciens de lépoque.
Cela pour les projets architectoniques. Pour ceux-là à être realisés en bois ou en pierre, mais de petites dimensions, les Égyptiens usaient le système de réseaux à maille carrée, raison pour laquelle la réalisation de loeuvre pouvait être exécutée par des multiples du projet, un système pratique et de niveau typiquement artisanal